Les sites historiques et archéologiques de Tado
Au Togo, plusieurs sites de métallurgie du fer ont été identifiés : Bassar, Dapaong et Tado. Les recherches archéologiques, menées à Tado ont permis de situer cette activité dans un cadre chronologique et d’identifier par regroupements des sources les producteurs. Les Alu feraient partie des premiers occupants du site. Leurs traditions rapportent que l’ancêtre des Alu, Eyru, serait descendu du ciel à l’aide d’une corde, avec un marteau et une enclume en mains, connaissant déjà le secret de la fonte du fer. Or, le marteau et l’enclume sont des outils de la forge et les vestiges métallurgiques retrouvés relèvent plus du travail de la fonte que de celui de la forge. Nous sommes en présence des mythes d’origine de la production autonome alu de l’activité métallurgique du fer.
Cependant, les prospections et les fouilles de D. A. Aguigah (1995 : 80) ont permis de distinguer des vestiges métallurgiques (ferrières : tas ou monticule de scories, fragments de tuyères, fragments de parois en brique rouge, …) des ruines de fourneaux, comme étant des fourneaux métallurgiques à tuyères, semi-souterrains, à base évasée et à partie supérieure conique (Photo n°5).
Nombreux sont les sites de métallurgie de fer identifiés au sol ou fouillés sur le plateau de Tado.
• Le secteur d’Ahwétugbé : Ce site est situé au nord-est de Tado. Deux tas de ferrières (tas ou monticule de scories) contenant des fragments de tuyères et de briques rouges (restes de fourneaux détruits) sont repérés à environ 5 km des concessions actuellement habitées.
• Le secteur du ‘’tell’’ de Domé-Dodomé se présente sous forme d’un tell ou colline archéologique au sommet duquel a été édifiée, en 1973, l’église catholique du village. Sur le versant septentrional de cette colline et à son extrémité nord-ouest, on observe aussi bien à la surface que dans les sondages, des ruines ou des fragments de fourneaux, des sols anthropiques, des fragments de scories et de tuyères, des restes de fourneaux, des fragments de pipes et des pipes entières, des tessons de poterie…etc. Les poteries exhumées et datées par la thermoluminescence, font remonter l’activité de la céramique au XIVe – XVIe siècle, de 1360 ± 42 à 1562 ± 28 de notre ère. Cette industrie potière a aujourd’hui disparu.
• Le village de Kpéyi
Il est situé à 3,5 km au sud-est de Tado, à 1,8 km de la frontière avec la République du Bénin. Quatre ruines de fourneaux ayant subi l’effet de l’érosion et des dégâts anthropiques sont encore visibles en surface dans plusieurs cours du village. Détruits et arasés, ces fourneaux présentent au sol une configuration circulaire, correspondant probablement au fond ou au diamètre du fourneau ; mais le résidu actuel ne dépasse pas 10 cm de hauteur (Aguigah, 1994). L’une de ces ruines a été fouillée avec la rigueur exigée par la recherche archéologique, sur une surface de 9 m2 (3m x 3 m), descendue à 1,50 m de profondeur, afin de le dégager entièrement jusqu’à sa base et d’étudier la succession du dépôt archéologique susceptible de renfermer des éléments de datation (Photos n°1 et 2).
L’intérieur et le fond du fourneau sont remplis de terre compacte, noire et brune, indiquant probablement les restes de la dernière activité de réduction du fer. Les parois intérieures du fourneau brûlées présentent des traces de cuisson en atmosphère oxydante et réductrice. Ce fourneau aspirait l’air par les six ouvertures à tuyères de 20 cm de largeur, disposées à la base du fourneau, orientées par rapport aux quatre points cardinaux : deux par deux face au nord, au sud, à l’est, et une ouverture principale face à l’ouest.
La fonction de ces ouvertures d’aération est d’activer la combustion par un courant d’air. Deux ouvertures, face au nord, portent des « lèvres » ou des auvents pouvant permettre de réguler ou de réduire éventuellement l’effet du vent dominant du nord notamment en période d’harmattan et de régler l’admission de l’air pendant la fonte, pour avoir la température nécessaire à une bonne opération de réduction. L’ouverture principale du fourneau par laquelle le laitier coule présente trois couches superposées de 25 cm d’épaisseur. De l’avis du Professeur J. B. Kiéthéga (1988), spécialiste de la recherche minière au Burkina Faso, la superposition des couches correspondrait au nombre de fois que le fourneau a été utilisé. Cette pratique, observée chez les Mossi du Yatenga, consiste à laisser le fourneau qui a servi, une première fois, se refroidir pendant quelques mois avant l’opération suivante. Les parois intérieures sont crépies d’une nouvelle couche d’argile afin de les rénover et de les mettre en état pour réussir une autre opération. En comptant le nombre de couches superposées, on peut donc connaître le nombre de fois que le fourneau a servi. Des tuyères retrouvées au cours des travaux champêtres et une prélevée dans le fourneau de Kpéyi présentent une coulée de verre ou de silice indiquant ainsi le degré élevé atteint par la fonte.
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